Ennio Morricone / Podcast : la marque de fabrique morriconienne

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Le compositeur – arrangeur, soucieux du timbre en arrive à créer, de façon parfaitement consciente, un son, en d’autres termes, un timbre sonore reconnaissable, puisque celui-ci a été pensé comme tel, dès sa conception.“Chez Morricone il y a ces alliages, comme associer une guimbarde, une guitare électrique et des choeurs d’orchestre. (…) Au bout de 10 secondes d’une musique, on sait que c’est la sienne, de quel film il s’agit, on voit les images…”. Petit à petit, la patte du compositeur se reconnaît (citation du musicien et compositeur Jean-Michel Jarre). « Et, progressivement, c’est devenu un style, quelque chose de tout à fait reconnaissable, qui me concerne au premier chef, et que l’on reconnait non seulement à l’écoute, mais aussi en le voyant écrit. Je crois que je n’ai rien renouvelé. Je n’ai renouvelé que mon langage, petit à petit, selon mes exigences intérieures et celles de la technique du cinéma ” (source : Documentaire diffusé sur la chaine Arte en 2007).

Est-il opportun de rappeler qu’au même moment où il évolue dans le cinéma en qualité de concepteur de bandes-son, Morricone se livre à la création de partitions classiques, avec une méthode et approche identiques à celles exposées précédemment ?

Fort de cette capacité à concrétiser n’importe quel son, pensé comme tel jusqu’à son timbre dès l’origne et adapté à la partition qu’il destine à l’écran, il s’immisce dans la fabrication du film, aussi loin que le réalisateur et le producteur le lui permettent, en introduisant, autant que faire se peut, la musique qu’il aime au cœur du processus narratif. « A l’image du dernier résistant, John Williams, Ennio Morricone avait cette capacité à violer le consentement du réalisateur et des studios pour imprimer sa volonté sur la narration. Mieux, il fut appelé sur les plateaux, essentiellement par Leone, à s’investir dans la direction d’acteur à travers ses notes pour éclairer les émotions demandées aux vedettes, prouvant une fois de plus, non sans prendre de risques, la profonde imbrication entre sa musique et la narration cinématographique » (source : Le Figaro « « Ennio Morricone est immortel ! par Benjamin Sire – 6 juillet 2020).

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