Ennio Morricone / Podcast : le bon, la brute et le truand

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Si cette histoire de trois hommes, cupides et bandits à des degrés divers, qui tentaient de s’emparer d’un trésor au temps de la guerre civile, ravit d’emblée le public, la bande son ne fut pas en reste ! Elle resta à tout jamais gravée dans l’univers des chefs-d’œuvre des musiques pour l’écran. La partition du compositeur se révéla tout à fait originale au sens strict du terme en raison de son côté inédit. L’instrumentation là encore très originale, reposait sur une conception musicale sans équivalent, singulière et très éclectique, voire très audacieuse, frisant souvent avec l’opéra baroque, entre touches d’humour et vrai lyrisme.

Ennio Morricone eut en effet recours à plusieurs instruments. On retrouvait bien sûr les sifflements du soliste Alessandro Alessandroni, les vocalises insolites du chœur à huit voix Cantori Moderni, une guitare électrique, l’orgue Hammond, le piano électrique Rhodes, le synket (déjà évoqué), ainsi qu’un chœur d’hommes poussant des cris guerriers « go, go… »). Morricone y ajouta une flûte à bec soprano, une trompette-piccolo, un arghilofono, une guitare mexicaine, et pour agrémenter le tout, quelques solistes (comme Edda Dell’Orso) que le compositeur prit un malin plaisir à faire intervenir de multiples fois. La convocation de multiples instruments, à priori surprenants atypiques et difficiles à marier, résultait pour une grande part de la formation post-webernienne de Morricone qui se caractérisait par une pratique musicale à base d’instruments atypiques.

La partition de Le bon, la brute et le truand s’organisa autour de ce désormais célébrissime thème central composé de deux mouvements, le premier n’était autre que le cri du coyote (« ah-ah-ah-ah-aaaaah »). A cette période de sa vie, le compositeur se focalisait sur la reproduction des cris d’animaux. Et il jugeait celui du coyote comme éminemment musical. Il fit intervenir deux chanteurs, l’un pour les a sforzando, l’autre pour les é (en voix de fausset). Puis il mixa le tout en rajoutant de l’écho. Il demanda ensuite aux voix d’imiter les wah-wah qu’obtiennent les trompettes et trombones en faisant aller et venir leurs sourdines d’avant en arrière, à la manière des brass bands des années vingt. Et le tour était joué pour cette première partie.

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