Ennio Morricone / Podcast : l’enfance du Maestro

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Les soixantequatre cases de l’échiquier et les douze degrés de l’échelle chromatique offraient autant d’opportunités au jeune Morricone de s’évader un peu. Dans cette Italie d’entre les deux guerres, le régime fasciste de Benito Mussolini s’était installé. Il avait d’abord feint de respecter les règles démocratiques. Puis il avait très vite montré son vrai visage et imposé sa dictature dès 1925. Il allait mettre dix ans à emboiter le pas à l’Allemagne hitlérienne, au point d’en devenir l’un des factotums.

La famille Morricone se tint à l’écart des débats politiques. Aussi, ne fut-elle pas concernée par les purges brutales visant les communistes. Pas plus qu’à la fin de la guerre, elle n’eut le moindre problème avec les autorités militaires des Alliés, à la recherche méthodique des collaborateurs du régime déchu. Il s’agit en l’occurrence d’une attitude qu’Ennio Morricone allait perpétuer, sinon un autre trait de caractère : la réserve qui convenait si bien à sa timidité et à son élégante discrétion.

Ennio appréciait d’écouter les disques trente-trois tours disponibles à la maison. Son premier souvenir concernait La Golconda de Ponchielli qu’il avait peu apprécié du haut de ses dix ans à peine. En revanche, le premier acte d’Andrea Chénier par Umberto Giordano emportait sa pleine adhésion. Il s’agissait du passage où le personnage principal est repoussé par une demoiselle. Morricone aimait à la fois les paroles et la musique de Giordano.

Il y a aussi le foot bien sûr. En Italie, il s’agit du sport national. Et le jeune Ennio se rendait de temps en temps au stade pour assister à un match quand Mario, son père, l’y emmenait. D’abord, Ennio supporta activement la Lazio de Rome qui avait aussi la très nette préférence des garçons du quartier. Pourtant, vers l’âge de neuf ans, il changea d’avis et devint supporter des Giallorossi (Les Jaunes et Rouges) de l’AS Roma dont il suivait chaque match avec passion.

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